À l’occasion d’IMPACT ETI, son événement annuel, le Club des ETI de Nouvelle-Aquitaine a dévoilé le 6 octobre 2026 son livret blanc « Made in France : Dernier appel avant fermeture ». Pensé comme un véritable kit de survie pour les candidats et futurs élus, il réunit les propositions concrètes des dirigeants d’ETI autour de neuf thématiques, avec un objectif clair : réindustrialiser les territoires et sauver le made in France.
Un livret né du terrain, à l’approche de 2027
À quelques mois des élections présidentielle et législatives, le Club des ETI de Nouvelle-Aquitaine prend la parole à travers un document de propositions tout à la fois synthétique, chiffré et opérationnel, nourri par ce que vivent chaque jour ses 135 entreprises adhérentes (ensemble, elles pèsent plus de 28,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires et emploient plus de 108 500 salariés).
Le contexte ajoute à l’urgence. Présenté le 1er octobre, le Projet de loi de finances pour 2027 contient plusieurs avancées que le Club salue : maintien du crédit d’impôt recherche, du pacte Dutreil et des aides à l’apprentissage, baisse de 30 % de la surtaxe d’impôt sur les sociétés. Mais il alourdit encore le coût du travail. Pour une ETI industrielle de 660 salariés, le surcoût atteindrait 700 000 à 800 000 euros par an. Il arrive à un moment où une ETI sur trois a déjà arrêté, suspendu ou réorienté un projet en France.
« Nos ETI encaissent depuis des mois sans broncher : ce budget ne doit pas être le coup de trop » a alerté Marc Prikazsky, Président exécutif de Ceva Santé Animale et Président du Club des ETI de Nouvelle-Aquitaine.
Rendre la main aux territoires
Le fil rouge du livret : la confiance accordée aux territoires. 75 % des sites de production des ETI se trouvent dans des villes moyennes ou en zone rurale, souvent loin des centres de décision. Pourtant, l’enchevêtrement des compétences entre l’État et les collectivités coûte 7,5 milliards d’euros par an.
Le Club propose donc par exemple de fusionner Région et Départements en une collectivité unique, dotée des moyens de ses compétences : un seul interlocuteur, un seul guichet, une seule décision. L’exemple du Pays basque espagnol montre que ce modèle fonctionne. Il lève lui-même l’impôt et dispose d’un budget de 16,4 milliards d’euros, contre 3,35 milliards pour la Région Nouvelle-Aquitaine. En mars 2026, il a activé en quelques semaines un bouclier industriel de 1,05 milliard d’euros.
« Pour réindustrialiser, il faut que ceux qui connaissent le terrain puissent décider, financer et rendre des comptes. Rendons la main aux territoires ! » propose Marc Prikazsky.
Neuf thématiques, des propositions concrètes
- Décentralisation : une collectivité unique issue de la fusion de la Région et des Départements.
- Action locale : faire des ETI les partenaires des collectivités sur le foncier industriel, le logement abordable et l’énergie verte locale. La fiscalité locale a augmenté de 27 % entre 2021 et 2024.
- Simplification : un moratoire sur les nouvelles normes et des règles industrielles harmonisées en Europe. Les ETI font face à 400 000 normes, 720 de plus chaque année, pour un coût de 28 milliards d’euros par an.
- Fiscalité : moins d’aides, moins de taxes et un vrai soutien à l’innovation. Les impôts de production atteignent 4,4 % du PIB, deux fois la moyenne européenne.
- Transmission : sanctuariser le pacte Dutreil et créer un « pacte très long terme ». 370 000 entreprises seront à transmettre d’ici 2030.
- Formation professionnelle : supprimer le plafond de 50 salariés qui prive les ETI des financements des OPCO. Leur reste à charge peut atteindre 67 %.
- Marchés publics : une préférence « Made in EU et bas carbone » adaptée aux ETI. Aujourd’hui, 55 % des marchés sont attribués au seul prix le plus bas.
- Décarbonation : passer de la méfiance à la confiance et faciliter l’accès aux contrats d’achat d’énergie, dans la lignée du PPA multi-acheteurs ETI Avenir Énergie porté par le Club.
- Grands projets régionaux : la ligne nouvelle Bordeaux-Toulouse-Dax, plébiscitée par 86 % des habitants concernés, et deux réacteurs EPR 2 sur le site du Blayais.
Porter la voix des ETI, au cœur de la mission du Club
Ce livret blanc prolonge l’une des missions fondatrices du Club : représenter les ETI auprès des pouvoirs publics, à l’échelle régionale comme nationale, en lien avec le METI. Trop grandes pour bénéficier des dispositifs destinés aux PME, trop petites pour peser comme les grands groupes, les ETI sont souvent le chaînon manquant du débat économique. Le Club leur donne une voix collective : rencontres régulières avec les élus, contributions aux politiques publiques, et aujourd’hui des propositions formalisées et chiffrées, à disposition de tous les candidats. « Quand l’échelon qui connaît son industrie dispose des moyens de décider, il peut réagir en quelques semaines. À l’aube de la présidentielle, nous disons aux candidats : le made in France se sauvera dans les territoires. Donnez-leur la main, donnez-leur les moyens, et ils feront le reste » conclue Marc Prikazsky.
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