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Julia de Funès bouscule les poncifs du management

Après avoir mouillé le maillot au rugby à 7, les adhérents du Club ont été invités à faire entrer la philosophie dans leur quotidien de chefs d’entreprise. C’est la philosophe d’entreprise Julia de Funès, invitée d’un rendez-vous culturel le 30 septembre dans le beau domaine de Malagar, qui a bousculé les idées reçues d’une cinquantaine de participants. Avec quelques réponses à la question « Quel sens donner à son entreprise et son travail aujourd’hui ? ». La vidéo souvenir et quelques morceaux choisis.

Le télétravail

« Critiqué, le télétravail a pourtant des bénéfices. On n’est plus en représentation permanente, on sort de la « théâtralité » de la comédie humaine. On est du coup plus concentré sur son travail.
Le télétravail rend le travail collectif plus efficace. Il n’y a pas l’usure liée à la présence continuelle.
»

Le collectif

« Le collectif est devenu un totem en entreprise, mais il n’est pas une valeur en soi. Il est plus fort que l’individuel à certaines conditions. Un objectif commun est un critère nécessaire mais pas suffisant. Pour qu’un collectif soit efficace, il doit être sous tendu par un travail individuel fort. Autre condition : la conscientisation d’un risque, donc d’une opportunité, comme une menace ou un danger. C’est ce qu’on a constaté face au danger du Covid, on s’est mobilisés collectivement. »

Le manager

« Notre société de procédures peut tourner à l’« absurdie » et paralyser l’action. Les process empêchent de penser, disait Kant. Par exemple, aujourd’hui le process c’est que si on bosse bien on devient manager. Or le management n’est pas une promotion mais une compétence. Le charisme est une des qualités essentielle du manager, et il n’est pas procédural. »

Le bien-être en entreprise et la bienveillance

« Même le bien-être voire le bonheur en entreprise est devenu procédural. Alors que le bonheur est indéfinissable, subjectif et personnel : il dépasse la sphère professionnelle, c’est un état qui change.
En disant que le bien-être rend performant, on inverse la cause et la conséquence. C’est le fait d’avoir la possibilité d’agir et d’être performant qui peut contribuer à se sentir heureux. Quant à la bienveillance, elle est devenue une norme qu’on confond avec la complaisance. La bienveillance suppose la confrontation.
»

Le sens

« De nombreux métiers sont devenus tellement techniques qu’ils ont perdu leur sens. Les salariés ne voient plus la finalité de ce qu’ils font, beaucoup quittent leur emploi pour un travail relationnel ou manuel. Dans le même temps, le sens s’individualise. Ce ne sont plus les institutions qui le donnent comme la religion, les partis politiques ou l’entreprise… Ce qui va motiver les salariés, c’est le charisme du dirigeant, la raison d’être et surtout le fait de s’y retrouver à titre personnel, de trouver soi-même un sens. »

La confiance

« Quelles sont les conditions de l’action ? La prise de risque, le sens, et enfin avoir confiance en soi et dans les autres. La confiance est rentable, elle permet un gain d’efficacité. Mais elle a la même signification que la foi. Elle est obligatoirement liée à l’incertitude, en opposition avec la connaissance et le contrôle. La phrase « La confiance n’exclut pas le contrôle » est hypocrite. La confiance est un lâcher prise. »

Des sujets qui font débat. Peut-être les ETI sont-elles des entreprises privilégiées ? Comme l’a rappelé Jean-Paul Calès, vice-président du Club et Président de Cap Ingelec, « les collaborateurs sont heureux d’y travailler car ils y trouvent du sens. Les dirigeants ne sont pas forcément des leaders mais des entrepreneurs. Ils ont une puissance intérieure. »

3 Comments
  • Marie Arvy
    8:27 , 13 octobre 2021

    Bonjour
    Tout cela est vrai
    Des évidences
    Mais le COMMENT reste une inconnue
    Comment donner du sens, comment s assurer du bien-être ( je préfère sérénité) comment alimenter la motivation ? Se rendre visible ?

    Marie

    • Marie DUBOIS
      11:11 , 13 octobre 2021

      Bonjour Marie, Julia de Funès propose également des pistes d’actions, que nous ne pouvions toutes évoquer dans ce résumé. Nous vous recommandons la lecture de son dernier ouvrage « Socrate au pays des process ».

  • Bruno Lerner
    11:43 , 19 octobre 2021

    C’est toujours étonnant ces charges « anti-process ». Un bon process rend libre d’exercer sa créativité, il sécurise, fiabilise.
    Caractéristique d’un « bon process » : faire grandir les gens, les collaborateurs… l’amélioration continue.

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