Le 29 mai 2026, une délégation de dirigeants du Club des ETI de Nouvelle-Aquitaine a rencontré Lionel Causse, député de la 2e circonscription des Landes (groupe Ensemble pour la République), dans les locaux de l’entreprise DRT (Dérivés Résiniques et Terpéniques) à Dax. Au cœur des échanges : la crise du logement des salariés, devenue un frein structurel à l’emploi et à la compétitivité des entreprises du territoire.
Une rencontre au cœur du mandat
Cette rencontre s’inscrit dans la démarche de dialogue institutionnel que le Club ETI Nouvelle-Aquitaine mène activement depuis sa création en 2013. Premier club régional d’ETI en France, le Club rassemble aujourd’hui 130 entreprises représentant 28,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires et plus de 110 000 emplois. Une de ses missions : porter la voix des ETI auprès des pouvoirs publics, au niveau régional comme national, en lien avec le METI (Mouvement des Entreprises de Taille Intermédiaire).
Quelques semaines après une rencontre similaire avec Boris Vallaud, député de la 3e circonscription des Landes, consacrée aux enjeux de compétitivité et de transmission, c’est donc Lionel Causse qui est venu à la rencontre des dirigeants du Club, sur le site de l’un de ses membres, Cédric ISO, PDG de DRT. Étaient présents aux côtés de Grégoire Le Taillandier, Délégué général du Club :
- Timothée Achéritogaray, Directeur général de Sokoa,
- Olivier Neys, Président du groupe Synelis,
- Nathalie Belot, DRH de Technoflex,
- Georgia Gallais, Secrétaire générale de FMS – Entreprise Adaptée et Solidaire.

Lionel Causse, un parlementaire engagé sur le logement
Lionel Causse n’est pas un interlocuteur comme les autres sur ces sujets. Réélu en juillet 2024 avec 61,8 % des voix lors des élections législatives anticipées, le député landais est l’une des voix les plus actives de l’Assemblée nationale sur les questions d’habitat, d’urbanisme durable et d’adaptation des territoires.
En 2021, il était rapporteur du volet « Se loger » de la loi Climat et Résilience, un travail de fond qui l’a conduit à traiter de la lutte contre l’artificialisation des sols, de l’adaptation du littoral et du recul du trait de côte. De 2022 à 2024, il a présidé le Conseil national de l’habitat (CNH), instance de concertation nationale sur les politiques du logement, depuis laquelle il a régulièrement alerté sur le désengagement budgétaire de l’État dans ce domaine.
Début 2024, il a déposé la proposition de loi n°2091 visant à assouplir les règles imposées par le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) sur le taux d’effort maximal pour l’accès au crédit immobilier, en réintroduisant la notion de reste à vivre pour les ménages solvables. Une initiative qui témoigne de son pragmatisme : faciliter l’accès à la propriété sans sacrifier la stabilité financière.
Localement, Lionel Causse s’est également engagé sur la régulation des plateformes de location de courte durée, dont l’essor dans les Landes réduit l’offre locative pour les actifs résidents. Il plaide pour une approche incitative plutôt que punitive sur les questions environnementales, notamment autour de l’interdiction de location des logements énergivores, afin de ne pas détruire l’offre locative privée.
Le logement : un enjeu de compétitivité pour les ETI
Pour les dirigeants présents, le message est clair et documenté : la crise du logement n’est plus seulement une question sociale, c’est une contrainte économique directe qui pèse sur la compétitivité des entreprises.
Selon une étude régionale d’Action Logement Nouvelle-Aquitaine, 70 % des entreprises considèrent le logement comme un frein à l’emploi, 63 % anticipent des recrutements nécessitant une mobilité géographique et 72 % identifient l’insuffisance de l’offre locative comme première cause de leurs difficultés. À l’échelle nationale, le CRÉDOC confirme que 40 % des entreprises sont affectées par les difficultés de logement de leurs salariés.
Le Pays Basque et le sud des Landes cumulent des facteurs aggravants : forte attractivité résidentielle, pression des résidences secondaires, explosion des locations saisonnières via des plateformes comme Airbnb, raréfaction du foncier disponible et hausse rapide des loyers, désormais comparables à certaines grandes métropoles françaises.
Dans ce contexte, les conséquences sont directes pour les entreprises : des candidats refusent des postes faute de logement disponible, des salariés démissionnent ou s’éloignent fortement de leur lieu de travail, le turnover augmente et l’attractivité des territoires industriels s’érode.
Les propositions des ETI : concrets, territoriaux, systémiques
Face à ce diagnostic partagé, les ETI ne sont pas venues les mains vides. Leurs propositions s’articulent autour de trois axes.
- Simplifier les dispositifs existants
Les aides au logement des salariés existent, mais elles restent trop complexes pour être mobilisées efficacement par les PME et ETI. Les dirigeants plaident pour leur lisibilité accrue et la création d’un guichet territorial unique réunissant entreprises, collectivités, bailleurs et Action Logement. Il s’agit aussi d’accélérer les délais administratifs liés aux projets de logements salariés, aux résidences pour jeunes actifs et aux hébergements temporaires, et de faciliter la mobilisation du foncier économique pour des projets mixtes emploi-logement. - Construire des pactes de « prospérité locale »
Les ETI proposent la création de véritables pactes territoriaux associant entreprises industrielles, collectivités et État, bailleurs et aménageurs. L’objectif : identifier les besoins réels, anticiper les recrutements, produire des logements adaptés aux actifs, rapprocher emploi et habitat, et sécuriser l’attractivité économique des territoires sur le long terme. - Faire du logement un enjeu de réindustrialisation
C’est sans doute le message le plus structurant porté auprès du député : le logement doit être pleinement intégré dans les stratégies de politique industrielle, notamment France 2030 et les Territoires d’Industrie. Sans capacité à loger durablement les salariés, toute stratégie de réindustrialisation dans les territoires tendus est fragilisée. Le Club ETI plaide pour faire émerger des démonstrateurs territoriaux au Pays Basque et dans le sud des Landes.
Au-delà du logement, les échanges ont également abordé l’impact sur les ETI du contexte économique international, le gel des barèmes des exonérations patronales sur les salaires, la mobilité des salariés et le financement de la formation professionnelle… Autant de sujets qui font partie des préoccupations constantes que le Club porte auprès des législateurs.
La voix des ETI au cœur du débat public
Ces rencontres régulières avec des parlementaires de tous bords illustrent l’une des missions fondamentales du Club ETI Nouvelle-Aquitaine : assurer la représentation des ETI auprès des décideurs publics, en offrant aux législateurs un ancrage dans la réalité économique des territoires.
Les ETI sont souvent qualifiées de « chaînon manquant » de l’économie française : trop grandes pour bénéficier des dispositifs dédiés aux PME, trop petites pour peser comme les grands groupes. Le Club, en lien avec le METI au niveau national, veille à ce que leur voix soit entendue là où les décisions se prennent. Le rendez-vous de Dax en est une nouvelle illustration concrète.

